150 ANS DE PASSION, LE LIVRE DE P. LECLERC

par Déc 17, 2021A la une, Articles Récents

Le club doyen est à l’aube de fêter ses 150 ans. Nous avons eu le plaisir d’assister à la présentation du maillot spécialement dédié à cet évènement la semaine dernière lors de la réception d’Ajaccio. Un autre évènement devrait faire plaisir aux fans du HAC à Noël, il s’agit du l’ouvrage “LE HAC, 150 ANS DE PASSION”. L’équipe d’Hactu.fr a pu s’entretenir avec son auteur, Paul LECLERC.

Bonjour Paul, qui es-tu ? Peux-tu te présenter ?

Bonne question ! Je suis né au Havre en 1980, j’y ai grandi, joué au foot, fait ma scolarité puis fait des études de journalisme à Paris. J’ai ensuite vécu plus ou moins loin de la Normandie mais en gardant toujours un œil affectueux sur le HAC. Aujourd’hui, je vis à moitié à Paris, car je suis journaliste au « Canard enchaîné », et au Havre. Je tâche d’aller dans le kop quand je peux. Le 150e anniversaire constituait une occasion parfaite de conjuguer mes deux passions : le football et l’écriture.

C’est un boulot de près d’un an, avec de grands moments d’angoisse

Chaque fan Ciel et Marine a une histoire personnelle avec le HAC. Quelle est la tienne ?

Mon histoire personnelle avec le club commence au milieu des années 80, c’est-à-dire quand j’étais môme. Mais, pour être honnête, j’avais 5 ans le soir de la montée face à Mulhouse et je n’ai pas souvenir du but de Pascal Pain face au kop… C’est un regret car les « anciens » mentionnent tous ce moment comme complètement dingue. Mes premiers héros à moi s’appellent Casanova, Tiéhi, Moreau, « Raisin », Ba… Quand j’étais enfant, mon père, décédé en 2018, travaillait au service des sports du « Havre Libre » et m’emmenait au stade avec lui. C’était une autre époque : je me souviens que les journalistes rentraient dans le vestiaire dès la fin du match, discutaient avec les joueurs à poil, parfois une cigarette au bec. C’était très libre, assez chaleureux. Mais j’ai aussi compris à ce moment-là que le football était, pour les adultes, un sujet grave et sérieux.

Comment est né le projet d’écriture de ce livre ?

Très simplement : j’ai eu envie de faire un livre qui retracerait l’histoire du club, j’ai cogité et j’ai contacté les éditions des Falaises, parce qu’ils font des beaux livres dans la région. Ils ont tout de suite adhéré. Nous avons voulu faire un livre pas trop cher (25 euros), car le foot est un sport populaire, pas élitiste. La condition était que le livre soit disponible pour Noël de cette année… Il a donc fallu turbiner ! C’est un boulot de près d’un an, avec de grands moments d’angoisse.

As-tu eu de l’aide ou une participation du HAC, ou de supporters ?

Le club s’est greffé au projet un peu après la signature du contrat. J’ai appelé la direction en disant : « voilà, je fais un livre sur les 150 ans, je voulais vous prévenir par courtoisie ». Le club a répondu qu’il était intéressé par le projet, qu’il organisait justement les évènements des 150 ans. J’ai eu une aide du photographe du club, Emmanuel Lelaidier, que je remercie, mais le HAC ne s’est pas mêlé au contenu. J’y tiens : ce n’est pas un livre du service de communication, c’est un livre de journaliste. Ce qui ne l’empêche pas d’être en vente à la boutique et d’avoir été présenté officiellement samedi 11 face à Ajaccio.

Chaque jeune qui passe pro doit savoir qu’il est un lointain successeur de Jean-Michel Lesage

Que retrouve-t-on dans le livre que retrace les 150 ans du club ?

Le livre se compose de trois parties. La première concerne les lieux : de la mare aux Huguenots, au bout de l’avenue Foch, au Stade Océane, en passant bien sûr par Langstaff, la Cavée et Deschaseaux. Ensuite, je raconte l’histoire générale du HAC, le passage au professionnalisme, puis son abandon, les deux guerres, les présidents successifs… La fin regroupe les grands évènements : les premiers titres, la coupe de France en 59, la montée de 85 etc. J’ai aussi récupéré quelques trésors auprès de Christophe Houël, qui gère la page Facebook « HAC Foot Archives ».  C’est un dingue du club et un mec adorable. Il a été d’un soutien précieux, car les archives du club sont malheureusement pauvres.

Qu’apprend-t-on de plus que dans le livre des 130 ans de de Bruno Mercier ?

Je ne connais pas Bruno, mais il a effectué un boulot fantastique, qui m’a évidemment aidé. Mais il a choisi de faire le portrait des joueurs marquants du club depuis les débuts. Mon livre retrace non pas le parcours des joueurs mais bien l’histoire du club qui les a fait briller (ou pas d’ailleurs). Dans le foot, il y a une phrase toute faite mais pas fausse : « aucun joueur n’est au-dessus de l’institution ». Je crois que c’est particulièrement vrai au HAC. Chaque joueur, aujourd’hui encore, doit bien intégrer qu’il porte un maillot avec des couleurs et un blason qui ont un siècle et demi. Chaque jeune qui passe pro doit savoir qu’il est un lointain successeur de Jean-Michel Lesage, de Jean Saunier, des frères Bihel ou de Lucien Jasseron. Il y a eu des joueurs avant lui, et il y en aura après.

Peux tu nous parler de quelques personnages majeurs ?

Pour les plus jeunes, il faut bien mesurer le rôle joué par Jean-Pierre Hureau, qui prend en main le club en 1979. Le HAC est alors en Troisième division, même plus professionnel, Deschaseaux devient vétuste, l’argent manque et les supporters sont rares. Hureau se lance un défi : remettre tout ça en ordre de marche et monter en D1 ! On l’a pris pour un rêveur. En 1985, le maillot Ciel et marine flotte parmi l’élite. C’est sous son ère qu’on verra les meilleures affiches à Deschaseaux…L’oeuvre d’Albert Shadegg doit aussi être saluée. C’est lui, au début des années 1900, qui structure vraiment le club, parce qu’il a un peu de sous et beaucoup d’idées. Il achète la Cavée en 1914, nous fait gagner la Coupe nationale en battant l’OM, développe à fond les sections jeunes. Un homme de principes, qui ne voulait pas que l’équipe première passe pro. Impossible, enfin, d’oublier les moments les plus tragiques, car il y en a eu. Saluons la mémoire de Samba Diop et, bien sûr, de Christophe Revault.

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